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31.12.2007

La complainte du steak-frites.

Impossible de trouver un restau qui ne fasse pas le repas de reveillon à 39,90 euros avec foie gras en entrée et avec une bouteille de vin pour 4 compris. Ce soir, pour des millions de ripailleurs, c'est la teuf, jusqu'à plus soif et au delà.

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Le grand défouloir va commencer. Comme pour un tsunami, les rues se vident pour, dans quelques heures, déborder de cris joyeux et de foutoir bien gras.
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C'est la nuit la plus déjantée de l'année. La nuit la plus trash. Profitez! Demain sera un autre jour.
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Bonne soirée à tous. A l'année prochaine!

09.12.2007

A la fin de l'envoi.

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Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. Acte V, scène 6
CYRANO, [est secoué d'un grand frisson et se lève brusquement.]
Pas là ! non ! pas dans ce fauteuil !
[On veut s'élancer vers lui.]
Ne me soutenez pas ! Personne !
[Il va s'adosser à l'arbre.]
Rien que l'arbre !
[Silence.]
Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,
Ganté de plomb !
[Il se raidit.]
Oh ! mais !... puisqu'elle est en chemin,
Je l'attendrai debout,
[Il tire l'épée.]
et l'épée à la main !
LE BRET
Cyrano !
ROXANE, [défaillante]
Cyrano !
[Tous reculent épouvantés.]
CYRANO
Je crois qu'elle regarde...
Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde !
Il lève son épée.
Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?
Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le Mensonge ?
[Il frappe de son épée le vide.]
Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés !...
[Il frappe.]
Que je pactise ?
Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !
[Il fait des moulinets immenses et s'arrête haletant.]
Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J'emporte malgré vous,
[Il s'élance l'épée haute.]
et c'est...
[L'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.]
ROXANE, [se penchant sur lui et lui baisant le front]
C'est ?...
CYRANO, [rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant]
Mon panache.
RIDEAU

06.12.2007

C'est lui, le premier.

Le premier des sapins. Le premier des sapins de Noël 2007 que le lutin-enguirlandé rencontre dans une salle de spectacle.

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On peut faire mieux mais au prix des boules...On fait un voeux, forcément. « Que le prochain soit un peut plus chatoyant pour attirer le cadeau ».
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Sault(84) et St L d A(30) les 3 et 4 décembre 2007.
Caramba! Encore raté!

04.12.2007

la bien nommée.

Pas loin du mont Ventoux, le 3 décembre 2007.

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03.12.2007

return to the future.

"J'ai horreur qu'on me traite de banane".

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CYRANO
Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci. D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de leçon par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S'aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler, se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
Être terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : "Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ?"...
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortit,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin que toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !"

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