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29/04/2013

« Alors, toujours livreur? »

En quelque sorte, oui...Le lutin-comédien-voyageur est parfois confondu avec les chauffeurs qui dépose de ça de là les colis encombrants ou non chez des commerçants, des entreprises ou des particuliers. Alors, rien de choquant lorsque ce patron de bar-tabac-plat-du-jour-le-midi, connu naguère, interpelle un lutin-rêveur. «  euh, livreur, oui, enfin presque, je fais des spectacle pour les enfants dans les écoles ... » « Tu vas dans jouer dans les hôpitaux? , oui, ça t'es arrivé?, c'est pas trop dur?, si? » Alors, le lutin soudain nostalgique raconte:
« C'était il y a longtemps, du temps de Giscard, le petit messager de Jaruselsky, c'est dire. Un spectacle était programmé à l'hôpital de Villejuif dans un pavillon « réservé » aux petits cancéreux. Pendant le trajet, mille et une questions angoissantes bousculaient mon esprit qui n'avait jamais connu telle situation. Et puis, comme dans un rêve pas forcément bleu et rose, je me suis retrouvé devant une trentaine d'infirmiers(ières) accompagnés d'autant d'enfants chauves pour la plupart, certains alités, tous équipés d'un déambulateur. Pour bon nombre, une prise de courant était nécessaire pour alimenter une machine à vivre. Dans ce couloir transformé en salle de spectacle, les prises de courant furent vite occupées et mêmes avec toutes les prises multiples et toutes les rallonges dispo dans le bâtiment, un tout jeune garçon d'une dizaine d'années n'a pas pu se brancher et le directeur a du imposer une décision dégueulasse et sans appel: Cet enfant devait regagner sa chambre, sans assister à la représentation. Les adultes, regards attristés, mines défaites m'ont convaincu, malgré mes réticences ( c'était pour tous ou ce n'était pas), de faire le spectacle pour les autres spectateurs. 12 je vous salue Marie (on ne sait jamais...) plus tard, tous les gris-gris caressés, une perle d'émotion dans l'oeil, je jouais donc ce spectacle qui prenait une tournure pathétique. 10 minutes s'étant écoulées, et alors que « Pitou » allait vaincre son premier dragon, le petit bonhomme-Jedei est revenu, traînant un câble électrique qu'il avait « emprunté » à un éléctricien qui bossait dans un service voisin. Bravant les interdits, courageux et malin, ce môme avait trouvé le moyen de trouver du jus. Et de participer au spectacle. » ...Alors, oui toujours un peu livreur... Ou plutot "Ivre de bonheur."

Commentaires

En fait tu es livreur de bonheur....Respect Lutin !

Écrit par : Ulysse | 30/04/2013

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