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17/07/2014

Dans l'intimité d'Arthur « Jumbo » H.

Dans la famille, ils sont poètes de père en fils(le). Le grand Jacques, le père, poétait à la façon du « fou chantant », Charles Trenet avec en plus des vrais morceaux de rock dedans. Ses concerts, toujours déjantés faisaient décoller les publics les plus sages. La fillette elle, se jette avec frénésie dans les pas de Janis Joplin. Tandis que l'écorché à la voix rauque, Arthur, continue sa route à la « Rimbaud », en décalage. En 2009, à Lodève, il se livrait en bataille au « Voix de la méditerranée ». Quel rapport entre lui et la grande bleue? Aucun. Mais y a rapport avec les mots.
Une tête d'affiche de ce calibre, ça ne se manque pas et votre lutin-tout-enchanté de l'occaz, en a profité pour renouer avec son goût immodéré pour l'envers du décors. Régine Marangé, la charmante et souriante directrice artistique du festival nous a prévenu: « Ok, p'titlutin, tu peux te balader dans les coulisses mais surtout pas de photos ».

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Marché conclu. A l'heure dite, le bus-loge situé non loin de la scène, au pied de la cathédrale se rempli de musiciens et de techniciens. Un dernier café, une bouteille d'eau, une dernière clope et le concert peut commencer devant des gradins combles de quadras, voire quinqua enthousiastes mais bedonnants.

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Les musicos, comme de bons équipiers au service du leader du tour de France, font un travail de fond. Ca tourne bien, les balances son et lumière sont réglées au millimètre et le timbre rocailleux d'Arthur débouche autant les oreilles des adolescentes qui squattent l'avant scène que celles des pré-retraités assis au poulailler. Le chanteur s'est assagit dans la manière mais pas dans le fond. Il veut « mettre du rock dans la poésie ». Son dernier album, récompensé aux « victoires de la musique » transpire toujours la révolte, la détresse et l'espoir des hommes. Mais là, c'est par le « fuck » que viendra le salut. D'ailleurs, il fuck tout le monde: Madonna, bien sur mais aussi en vrac, « Maurice » Brel, Betty Monroe, sa clavier-seconde voix, la Vierge, la cathédrale dans son dos, le public et lui même car il  ne manque surtout pas d'humour. Sa façon de détricoter les mots pour les faire sonner différemment, c'est sa marque de fabrique, son logo. Sa musique comme ses textes sentent fort. En parfums. On ne peut resté indifférent à ce langage-là. Vudulutin, par le coté de la scène, les regards des musiciens entre eux lancent et font  tourner une machine bien huilée. Les solos se succèdent tandis que la fièvre monte: Un petit 37°5 au plus fort de la soirée, public oblige. Difficile de bouger tout ce monde-là sagement assis. Un rappel en forme d'hommage à Bashung, et les artistes peuvent digérer les 2 heures de spectacle autour d'un buffet léger derrière le plateau.

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Puis, ils pourront déambuler dans les petites rues d'une petite ville qui n'en revient pas d'être pour un coup la capitale de quelque chose qui dérange: La poésie.
P.S. Eh, Arthur Jumbo, t'inquiète, quand il était môme, on appelait lutinbleu « Midas », à cause des oreilles d'âne...

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