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06/10/2013

Fallait pas l'inviter...

 

Les nouveaux montpelliérains ont été invités à découvrir la ville. Madame la maire elle-même a accueillie ces 800 nouveaux électeurs. Sauf que, là, derrière, dans le conseil municipal, quelques uns convoitent la place de Mr Georges et de Mme Hélène. Un très noble vieillard, par ailleurs « Baron de Carravette », m'explique sans rire, que -je site- « la ville est bien mal gérée, pour preuve l'absence de toilettes publics gratuites ». Madame Mandroux doit-elle déclencher un plan « urgence-pissotière » pour être (re) élue?

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03/10/2013

Boomerang.

« CHUPPEAUUUUU, attendez-moi devant mon bureau… » Les marbres du sol et les barreaux des fenêtres du couloir de cette institution privée chaunoise vibrent encore de ce cri, lorsque la cloche retentit. Les élèves de terminale replongent dans leurs révisions, et le surveillant général que je suis regagne son repaire ou l’attend ce petit chenapan de troisième. « Alors, monsieur Chuppeau, on se fait encore remarquer ? Vous resterez samedi après midi nous faire partager votre enthousiasme : 4heures-de-colle ! Oui m’ssieur. ». Depuis, ma mémoire a effacé les quelques punitions infligées à tous ces petits rebelles et le lutin-surgé n’en a revu que très peu.

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Alors, explique moi, ami blogeur pourquoi, après tant d’année, de l’autre coté de l’Atlantique, je suis chez Eric Chuppeau(à gauche sur la photo).Il me remémore chaque détail de ses bêtises de potache et des heures de retenues que, heu j’ai du, et bien oui…Va-t-il se venger ? Tout à coup, je transpire, Un rugbyman d’1m85-90kg peut-il comprendre que je ne faisais QUE mon boulot ? Il me transperce du regard et m’avoue que s’il est maintenant le patron d’une grosse entreprise de gardiennage, ici, en Martinique, c’est aussi grâce à cette boite, ses profs si sympas, et cet emmerdeur si cool qui le plaquait sans cesse ( justement par ailleurs). Juste un détail pourtant : «l’affaire du vélo de sa sœur ». Par mégarde, je l’avais emprunté, croyant que c’était celui d’une collègue alors qu’un môme avait fait le mur et qu’il fallait le rattraper. Lorsqu’Eric voulu récupérer le vélo de la sœurette, il avait disparu et le malheureux fut la cible d’une engueulade familiale monstre. De ma faute. Le lendemain, on s’est expliqué. Il a compris et 35 ans et 8000 km plus tard, on est potes. Merci pour ton accueil et celui de ta petite famille. A bientôt, Chtiopère..

Depuis, Eric Chuppeau et son compère René sont revenus en métropole. On se revoit de temps en temps. A bientot.

02/10/2013

"J'ai horreur qu'on me traite de banane".

 

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CYRANO
Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci. D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de leçon par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S'aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler, se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
Être terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : "Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ?"...
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortit,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin que toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !"

11:41 Écrit par lutinbleu dans christian benoist | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cyrano, christian benoist, lutinbleu | | |  Facebook