Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/10/2016

Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.

Ce doit être la devise de la confédération helvétique tant on range, on classe, on répertorie…
Dès l’école enfantine (4 ans), on apprend à trier les déchets dans des minis containers.

Quel contraste avec les sociétés latines : ici tout est propre, organisé, écologisé. Le ferroutage permet d’apprécier totalement l’air pur des montagnes alpines et la douceur des couleurs d’automne sur le lac. Un forfait (40 CHF) permet aux véhicules hors poids-lourds de circuler sur les routes et autoroutes dans une discipline stricte qui fait un peu peur. Des caméras épient le moindre manquement aux règlements aidés en cela par tous les « citoyens » qui doivent (c’est dans la constitution) dénoncer les écarts des contrevenants. Un peu flippant mais ça marche.

medium_poste-suisse.gif

Autre surprise : La poste, concurrencée comme partout par les nouveaux moyens de communication a anticipé un déclin fatal en diversifiant ses activités. Des produits de toute sorte sont donc proposés aux usagers-clients. Une sorte de bazar ou on peut se procurer un peu tout et n’importe quoi. Même des préservatifs ! Ouuuh, c’est chaud mais bien pratique pour les lutins en urgence.

christian benoist,suisse,vaud,gland,midiblogs,lutinbleu

Des crèmes, ces petits suisses.

Résumé de l’épisode précédent : Après une attaque en règle des armées de l’Empire de la connerie à la douane franco-helvète, lutinbleu se livre enfin à sa passion : raconter des histoires aux enfants.L’exactitude suisse n’est pas une légende. A 9H moins une tout, le monde est assis dans ce gymnase/salle de spectacle. On attend le « théâtre ». Le spectacle commence comme prévu à 9H pile. Là-bas, c’est la moindre des politesses, et on s’y connait en exactitude et en savoir recevoir. Des sourires purs comme l’eau des glaciers s’affichent sur les visages des « petizédesgrands » façon banana-split, et le public se régale de l’histoire de petitbétatète comme d’une plaque de chocolat.

Plaisir de l ’acteur, instants de bonheur chez les spectateurs, le contact se noue aisément avec les enfants-des-montagnes et leurs enseignants. Curieux, ils se pressent autour de lutinbleu pour « savoir comment ça marche les marionnettes ». Ils savourent le coté mécanique de la mise en scène mais aussi fouinent en rèvant qu’ils entrent eux aussi dans le plus bel endroit de toute la nature : « Le petit bois de pitou ».

medium_momes-instit-suisse.gif

Je crois dur comme coffre-fort que ces moments peuvent déplacer des montagnes…mais, là euh, y a du boulot.

lutinbleu,christian benoist,petitbetatete,suisse

13/12/2006

reveries sur le lac.

On ne peut pas séjourner en suisse sans avoir un clin d'oeil pour Jean-Jacques.

medium_sur-les-pas-de-JJ.gif
Tout ce qui m'est extérieur m'est étranger désormais. Je n'ai plus en ce monde ni prochain, ni semblables, ni frères. Je suis sur la terre comme dans une planète étrangère où je serais tombé de celle que j'habitais. Si je reconnais autour de moi quelque chose, ce ne sont que des objets affligeants et déchirants pour mon coeur, et je ne peux jeter les yeux sur ce qui me touche et m'entoure sans y trouver toujours quelque sujet de dédain qui m'indigne, ou de douleur qui m'afflige Ecartons donc de mon esprit tous les pénibles objets dont je m'occuperais aussi douloureusement qu'inutilement. Seul pour le reste de ma vie, puisque je ne trouve qu'en moi la consolation, l'espérance et la paix, je ne dois ni ne veux plus m'occuper que de moi. C'est dans cet état que je reprends la suite de l'examen sévère et sincère que j'appelai jadis mes Confessions. Je consacre mes derniers jours à m'étudier moi-même et à préparer d'avance le compte que je ne tarderai pas à rendre de moi. Livrons-nous tout entier à la douceur de converser avec mon âme puisqu'elle est la seule que les hommes ne puissent m'ôter. Si à force de réfléchir sur mes dispositions intérieures je parviens à les mettre en meilleur ordre et à corriger le mal qui peut y rester, mes méditations ne seront pas entièrement inutiles, et quoique je ne sois plus bon à rien sur la terre je n'aurai pas tout à fait perdu mes derniers jours. Les loisirs de mes promenades journalières ont souvent été remplis de contemplations charmantes dont j'ai regret d'avoir perdu le souvenir. Je fixerai par l'écriture celles qui pourront me venir encore ; chaque fois que je les relirai m'en rendra la jouissance. J'oublierai mes malheurs, mes persécuteurs, mes opprobres, en songeant au prix qu'avait mérité mon coeur. Ces feuilles ne seront proprement qu'un informe journal de mes rêveries. Il y sera beaucoup question de moi, parce qu'un solitaire qui réfléchit s'occupe nécessairement beaucoup de lui-même. Du reste toutes les idées étrangères qui me passent par la tête en me promenant y trouveront également leur place. Je dirai ce que j'ai pensé tout comme il m'est venu et avec aussi peu de liaison que les idées de la veille en ont d'ordinaire avec celles du lendemain. Mais il en résultera toujours une nouvelle connaissance de mon naturel et de mon humeur par celle des sentiments et des pensées dont mon esprit fait sa pâture journalière dans l'étrange état où je suis. Ces feuilles peuvent donc être regardées comme un appendice de mes Confessions, mais je ne leur en donne plus le titre, ne sentant plus rien à dire qui puisse le mériter. Mon coeur s'est purifié à la coupelle de l'adversité, et j'y trouve à peine en le sondant avec soin quelque reste de penchant répréhensible. Qu'aurais-je encore à confesser quand toutes les affections terrestres en sont arrachées ? Je n'ai pas plus à me louer qu'à me blâmer : je suis nul désormais parmi les hommes, et c'est tout ce que je puis être, n'ayant plus avec eux de relation réelle, de véritable société. Ne pouvant plus faire aucun bien qui ne tourne à mal, ne pouvant plus agir sans nuire à autrui ou à moi-même m'abstenir est devenu mon unique devoir, et je le remplis autant qu'il est en moi Mais dans ce désoeuvrement du corps mon âme est encore active, elle produit encore des sentiments, des pensées, et sa vie interne et morale semble encore s'être accrue par la mort de tout intérêt terrestre et temporel. Mon corps n'est plus pour moi qu'un embarras, qu'un obstacle, et je m'en dégage d'avance autant que je puismedium_ style=

06/12/2006

C'est la récrée

Après le spectacle, les nouveaux copains de petitbetatete veulent tous jouer avec lui. « Allééé, vient dit Allan, on va faire un foot sur l’un des 4 terrains de sport disponible … »

medium_momes-qui-jouent.gif
« Nooon, on va à la piscine couverte, on te trouvera un maillooot !», « si on aaallait à la bibliothèque ? » intervient Sandrine. « Ou à la vidéooothèque, ou à la saaaalle des ordis, ou, ou… »
medium_piscine-suisse.2.gif
C’est très fort : grâce à une politique d’ouverture pédagogique, les petits élèves du canton de Vaud ne s’ennuient jamais. Ils ont à leur disposition tout un tas d’activités ludiques ou culturelles et les éducateurs qui vont avec. Ils s‘ébattent en groupes ou individuellement avec politesse et respect. Pas de plan vigipirate, pas besoin : Ici, la neutralité affichée arrange tout ou presque et les rares conflits trouvent vite une issue grâce à la négociation. Dès 4 ans, on apprend à être intelligent. On apprend à être libre.

01/12/2006

« Je suis pas un imbécile, puisque je suis douanier. »

On se souvient du sketch de Fernand Raynaud qui brocardait les gabelous. On est encore loin du compte. En effet, il n’avait pas imaginé l’extrême lenteur avec laquelle les fonctionnaires français et suisses déplacent le moindre document. Autre temps, autres mœurs. Aujourd’hui, on a du mal à comprendre pourquoi ce n’est jamais le bon formulaire ni le bon bureau pour dédouaner des petits objets sans valeurs. On se perd entre les bâtiments des différentes administrations et quand on fait le bilan, on s’aperçoit qu’on a visité 7 bureaux différents pour qu’enfin le précieux laisser-passer-les petites marionnettes soit délivré. Une atteinte à la liberté de la patience intolérable qui a mis les petits nerfs fragiles de lutinbleu en pelote pendant 4 heures à l’aller au pays de Guillaume Tell et 2h30 au retour. J’en appelle aux candidats à l’élection présidentielle : Que ferez-vous contre la médiocrité paresseuse d’un très petit personnel qui ne sert qu’à (in)justifier des salaires exorbitants.

medium_accueil-suisse.gif
Enfin, délivré de la connerie, je suis arrivé à Gland dans le canton de Vaud.(c’est entre Lechène et Pénis-le-lac. Là, l’accueil légendaire des Suisses m’a rendu le sourire. Des gens souriants, organisés, efficaces m’ont facilité la rencontre avec 800 paires d’yeux d’enfants de 4 à 8 ans. Et la magie du spectacle et les rires des mômes ont résonné dans les écoles comme les cloches des troupeaux de vaches dans la montagne.
(à suivre...)

En route vers de nouvelles aventures.

Le vieil homme déprime. Dans un sursaut de lucidité, il décide de consulter son psy le vieux chamois dans son cabinet à fleurs année 59. « Doc, c’est terrible, je voudrai revoir la baleine bleue de ma jeunesse, mais à chaque fois que je chante pour l’appeler, c’est une autre bestiole qui apparait… »
« C’est clair, papé, tu fais un transfert obsessionnel sur cet animal qui te rappelle une adolescence ou l’absence du père et l’omniprésence de la mère patatipatata…ça fera 200 euros, mademoiselle la chouette, veuillez encaisser et délivrer à cet ancien chasseur de baleine un ordre de repos et une bonne dose de poudre de perlin-pin-pin. »

medium_vieil-homme-chez-psy.gif

"Mais, doc, la tournée en suisse, je ne peux pas l'annuler!"
"Laisse donc partir petitbetatète, il lui faut découvrir le vaste monde; il s'apercevra qu'il existe des gens qui écoutent encore du Patrick Juvet. Bon allez ouste, je dois encore guérir spiderman qui ne veut plus décoller du plafond moi!"
C'est ainsi que commence l'aventure de lutinbleu au pays des fromages à trous.
(à suivre...)